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UNE RESTAURATION COMPLÈTE

Les travaux menés à bien en 2000-2001 par Marc Hedelin et ses compagnons ont eu pour objectif de restaurer l'orgue dans son état initial, mais en maintenant la traction électro-pneumatique, sans chercher à rétablir la traction pneumatique d'origine. Les éléments électriques posés en 1949 ne sont pas protégés par le classement et ont été partiellement renouvelés pour garantir une meilleure sécurité de fonctionnement.

La composition des jeux est restée celle de 1914. La seule incertitude concerne un échange de jeux qui se serait produit en 1949. La plaquette publiée en 1915 indique qu'une Trompette 8 se trouvait au récit, pour compléter en toute logique la batterie d'anches, alors que le Basson Hautbois 8 se trouvait au positif.

Dans la composition publiée dans le programme d'inauguration de 1949, le Basson-Hautbois figure au récit et la Trompette au positif, ce qui a fait écrire à Pie Meyer-Siat que ces deux jeux avaient été échangés.

Il aurait donc été tentant de rétablir cette disposition d'origine, mais en réalité, la Trompette se trouvait dès l'origine au positif et le Basson-Hautbois au récit, pour les raisons suivantes : la Trompette a bien été construite pour les 70 notes réelles du positif et non pour les 58 notes du récit, les 12 derniers tuyaux à bouches sont poinçonnés "Tr" et n'ont donc pas été prévus pour un Hautbois ;

- sous le sommier de positif, les jeux sont notés au crayon et l'on y peut y lire l'inscription "Trompette" ;

- dans la console des claviers, les porcelaines d'origine sont conservées, celle de la Trompette est bien en rose, comme pour tous les jeux du positif, et non en bleu ;

- enfin, les plans d'exécution de l'orgue, conservés aux archives de la Ville d'Erstein, prévoient bien une Trompette au positif.

Il en alla un peu différemment des éléments électriques posés en 1949, qui présentaient de nombreux signes de faiblesse. Dans la mesure où ils n'étaient pas protégés par le classement au titre des monuments historiques, et pour garantir une sécurité et une fiabilité de fonctionnement optimales, il a été décidé de renouveler une bonne partie de la traction électro­-pneumatique, sans chercher à refaire en copie ce qui avait été installé en 1949.

Environ 700 électro-aimants de commande ont ainsi été remplacés, mais aussi tous les contacts dans la console des claviers et tous les systèmes électriques obsolètes et usés, ce qui a nécessité la pose d'environ 1500 mètres de fils électriques neufs.

Réunion de chantier du 24 avril 2001 :


M. Marc HEDELIN, facteur d'orgues ;

M. Christian LUTZ, technicien-conseil pour

les orgues auprès des monuments historiques; M. Claude WINCKLER, curé-doyen d'Erstein ;

M. Alfred FASSEL, président du Conseil de Fabrique.

M. Gilbert POINSOT, conservateur des monuments historiques ;

M. Maurice ANTZ, un des organistes d'Erstein ; excusés :

M. Théo SCHNEE maire d'Erstein et Mme Martine HEYM,adjointe,

M. Louis BECK et M. André FISCHBACH, de la mairie d'Erstein.

L'accès à certaines parties de l'orgue, ici le dessous de l'un des sommiers de la pédale, demande parfois des contorsions au facteur d'orgues.


L'orgue d'Erstein présente une technologie très différente de celle de la plupart des orgues restaurés dans le cadre des Monuments historiques, mais il a fait l'objet des mêmes soins scrupuleux et du même respect que pour un instrument plus ancien. Toute pièce endommagée et reconnue inutilisable a été rétablie en copie. Une documentation très complète a été établie au cours de la restauration, avec notamment le relevé précis des tailles des tuyaux.

La traction électro-pneumatique après restau- ration, avec les nouveaux électro-aimants.


La partie la moins abîmée était assurément la tuyauterie, qui était très bien conservée dans l'état de 1914 et ne présentait pas de problème particulier. Les tuyaux ont été nettoyés sur place, au compresseur, et les quelques faiblesses ponctuelles ont été corrigées. Le travail de l'harmoniste s'est limité à une égalisation et à un accord général, garantissant un grand respect de l'harmonie trouvée avant le démontage.

La restauration en cours de la traction

électro-pneumatique.

Le câblage intérieur de la console des claviers, qui datait de 1949, a été en grande partie renouvelé.


Par ailleurs, il a fallu remettre en peau environ 3500 petits soufflets, pour 40 m2 de peau. En raison de la grande difficulté à trouver de la peau sciée de qualité proche de celle disponible en 1914, il a été décidé de remplacer cette peau des petits soufflets par un matériau de synthèse, le polypel.

On espère ainsi prolonger la longévité de la présente restauration, tout en respectant le principe de réversibilité qui doit présider à toute restauration d'orgue historique. Pour recoller tous les soufflets, pas moins de 6 kilos de colle ont été nécessaires.

La tuyauterie du positif

expressif, après

restauration, avec,

de droite à gauche :

les jeux d'Unda Maris 8,

Dolce 8, Bourdon 16,

Cor de Nuit 8,

Flûte traversière 4,

Rohrflöte 8

et Cremona 4.

La restauration porta également sur les éléments achetés en vente publique en 1995 par la Ville d'Erstein et exposés dans une vitrine dans l'église.

Provenant de l'ancien instrument et longtemps conservés par Rœthinger, ils consistent en un bloc de trois claviers de Joseph Callinet (1832) et un Cornet d'écho avec son sommier, de Rohrer (1744).

Les petits soufflets sont enduits de talc pour

garantir leur souplesse.


Pour chaque tuyau à alimenter en vent, il faut un petit soufflet dans le sommier, qu'il a fallu repeausser lors de la restauration. A l'arrière-plan, on distingue un pavillon de Clairon 4 de Callinet, qui avait été recoupé en 1978 et qu'il a fallu rallonger.


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PRESENTATION QUATRE ORGUES ANNUAIRE 2003 ANNUAIRE 2005 RESTAURATION HISTORIQUE PATRIMOINE